Samah BAYODINA Enseignant en Histoire des Arts et des Civilisations


Marché de Lilicopé, 17 février 2007. Dégustez ces fromages lors du prochain camp chantier de l'Association Kadam-Kadam au Togo

 

 

 

La manière de faire des artistes et artisans africains

 

 

Le Togo était une destination très appréciée et bénéficiait d’un tourisme porteur. On peut en donner quelques chiffres illustratifs de ce boom touristique : en 1989, selon les statistiques de l’office togolais du Tourisme, le pays a reçu 132.000 touristes pour un chiffre d’affaire de 32 milliards de F CFA. On enregistrait alors 44 tours-opérateurs et 8 agences de voyage, lesquels animaient la vie touristique du pays. Le tourisme occupait dans ces années fastes le deuxième rang dans l’économie du Togo après les phosphates. Mais force est de constater que ce secteur est devenu le parent pauvre de l’économie togolaise, les troubles sociopolitiques ayant chassé les touristes et voyageurs de même que les investisseurs en 1990. La rupture de la coopération entre le Togo et l’union européenne intervenue trois ans après, sonna presque le glas de cette activité internationale. Par ailleurs les piliers du tourisme togolais à l’époque à savoir le balnéaire et les circuits à l’intérieur du pays sont court-circuités. La preuve suffisante est l’hôtel TROPICANA devenu le lieu de repos de certains sans abris ; et l’absence chronique de circuits vers l’intérieur du pays.
Vers 1997, une certaine relance de ce secteur a été amorcée par les autorités mais cette relance demeura somnolente jusqu’à ce jour. Pire encore, certains hôtels et sites touristiques voués à l’abandon viennent s’ajouter au triste constat : l’hôtel de la PAIX a fermé ses portes, le Château Vial à Kpalimé se délabre. Les bâtiments et le cimetière allemands de Kpalimé toujours tombent en ruine. L’ancienne maison des esclaves à Baguida est en train de subir le même sort. Le village de Togoville qui a légué à la nation togolaise son identité demeure muet avec son lac aux potentialités énormes. En outre la plage togolaise au sable fin très propre reste vierge depuis le Ghana jusqu’au bénin, la liste serait trop longue s’il faut évoluer vers le Togo profond.
En 2005 le tourisme togolais reçut un coup de fouet de la part de l’unesco qui déclara le site du pays TAMBERMA rebaptisé KOUTAMAKOU MATAMARIBA situé à 450km au nord de Lomé, patrimoine mondial de l’humanité, attirant l’attention de la communauté internationale.
Mais cela suffit-il ? A notre avis non !
Ne faudrait-il pas rénover l’ancienne maison des esclaves afin de la hisser à la hauteur de celle de l’île de Gorée au Sénégal ?
Enfin plusieurs interrogations se posent et nous vous laissons le soin d’y répondre.
Signalons qu’en l’état actuel, seules quelques volontés isolées, mieux certaines associations essayent de motiver et de canaliser quelques inconditionnels amoureux du Togo vers Lomé et ses environs. On note aussi quelques bateaux qui s’arrêtent au port de Lomé, permettant à leurs occupants de découvrir quelques sites du littoral pour quelques heures.
Notre objectif en créant ce site est d’exposer aux yeux des amoureux de l’Afrique en général et du Togo en particulier, cet état calamiteux dans lequel se trouvent les sites togolais afin de susciter une prise de conscience et par voie de conséquence des actions dans le sens des investissements pour sortir le tourisme togolais des sentiers battus.
Dans la mesure de nos possibilités, nous comptons proposer un plan de sortie de crise pour ce secteur discret, mais très prometteur dans un avenir très proche. Nous vous invitons à participer à cette campagne, car comme le disait Goethe : « j’aime voir ce qui se passe dans les nations étrangères et conseille à chacun de le faire pour sa part. l’ère de la civilisation mondiale est en train de naître et chacun doit contribuer à son avènement ».

Samah Bayodina


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